10:08 - 12 juillet, 2013

Posté par dans Coups de coeur Celemondo, Lorraine, Sportifs

Michel Platini apprend à dribbler en Meurthe-et-Moselle

, toujours aux avant-postes / DR

Michel Platini, un gamin au talent incroyable, fait ses classes à , en , confirme dans l’équipe nancéienne, avant de briller à l’international sous les couleurs de la Juventus de .

Naissance d’un footballeur hors-norme

Michel Platini, une légende de Joeuf à Turin / DR

Michel Platini est né à Joeuf, en Meurthe-et-Moselle à l’hôpital Génibois, au n°26 de la rue Saint-Robert. Son père est enseignant au centre d’apprentissage De Wendel, maison-école qui forme les apprentis à la sidérurgie, mais aussi entraîneur de l’AS Joeuf. Sa mère s’occupe du café des Sportifs, tenu par deux générations de Platini. Le bistrot, au n°84 de la rue Franchepré, s’appelle café Belleau lorsque les grands-parents paternels de Michel, Francesco et Angela, l’achètent et s’y installent avec leur fils Aldo. Aldo est le premier Platini à prendre sa licence de footballeur à l’association sportive jovicienne. C’est lorsque le siège de l’AS Joeuf est transféré au n°84 de la rue Franchepré, que l’établissement devient tout naturellement le café des Sportifs. Un nom prémonitoire…

Siège de l’AS Joeuf

Le café des Sportifs, tenu par Madame Platin / DR

Le café des Sportifs
84, rue Franchepré
54240 Joeuf
Meurthe-et-Moselle

« Rase-bitume » s’entraîne devant la maison familiale

Le petit Michel passe les 7 premières années de sa vie au-dessus du café. Les lieux étant devenus trop exigus, la famille Platini emménage ensuite dans le quartier d’Arny, au n°7 de la rue Antoine de Saint-Exupéry, dans une confortable maison de 6 pièces avec garage. La Peugeot 404 verte, immatriculée 742KT54, est l’une des premières automobiles du quartier : « Jamais on ne voyait Michel débarquer de la voiture sans son ballon. »
Le jeune Michel passe ici toute son enfance et son adolescence. « La rue devant ma maison, le foot dans la rue, les jeux, les copains, le collège de l’Assomption de Briey, la vie de famille. Je n’ai pas le souvenir d’un vrai chagrin. », se souvient le champion avec nostalgie. Il est pourtant, à cette époque, surnommé le « Nain », ou le « Ratz », mot de patois qui signifie « rase-bitume »…
Le 1er septembre 1966, le jeune Michel, 11 ans, signe sa première licence, à l’AS Joeuf, chez les pupilles.
Mais son premier match, il le dispute quelques mois plus tôt. Il n’était alors que poussin mais avait joué avec les pupilles de Joeuf, contribuant, en marquant les 2 derniers buts, à écraser par le score sans appel de 9 à 2 ! Un bon début…

Domicile de Michel Platini à l’adolescence
7, rue Antoine de Saint-Exupéry
54240 Joeuf
Meurthe-et-Moselle

Nancy ou les portes de la gloire

à ras de pelouse / DR

A 17 ans, Michel Platini est recruté par le « conservatoire du football » de Nancy. Cet ancêtre des centres de formation actuels existe depuis 1967. Il se trouve sur les hauteurs de la ville, dans la forêt de Haye, sur les 10 hectares d’une ancienne base militaire abandonnée par les Américains. Les trois premiers mois, le jeune homme suit parallèlement les cours du collège Saint-Joseph, n°413 avenue Boufflers, à . Il en est rapidement exclu. Il suit alors les cours de comptabilité mais « oublie » malencontreusement de se présenter à l’examen de fin d’année… Il faut qu’il y a, ce jour-là, à la télévision, la finale du Championnat d’Europe des Nations. Finalement, devant l’exaspération des responsables du garçon, dont un certain Roger Lemerre, devenu depuis entraîneur de l’Equipe de France de football, le président du Centre de formation décide d’employer les grands moyens : il embauche carrément les parents de Michel ! Anna nourrit la demi-douzaine de pensionnaires tandis qu’Aldo s’occupe de la formation. Le couple et leur fils habitent l’une des 3 villas du Centre.

Collège Saint-Joseph
413, avenue Boufflers
54520 Laxou
Meurthe-et-Moselle

Il venait d’avoir 18 ans…

La pizzeria Le Capri où Platini rencontre sa femme / DR

Le 2 mai 1973, à l’âge de 18 ans, Michel Platini fait ses débuts officiels sous le numéro 11 de l’équipe nancéienne, face aux « Crocodiles » de . Devenu professionnel, il s’entoure d’autres jeunes joueurs et baptise sa joyeuse bande le « Lycée Papillon ». Leur cantine d’alors, c’est la pizzeria Le Capri, au n°26 de la rue Stanislas. C’est là qu’un jour, Michel rencontre Christèle, qui deviendra Mme Platini. Le mariage a lieu le 21 décembre 1977, en l’église Saint-Livier. Les supporters de l’AS Nancy-, en grande tenue, envahissent les abords de l’église. Photographes et curieux se pressent aussi, certains debout sur les bancs ! Le pauvre abbé tente de calmer tout le monde : « Je vous en prie ! Vous n’êtes pas au spectacle ! » mais rien n’y fait.

Lieu de rencontre de Christèle et Michel Platini
Pizzeria Le Capri
26, rue Stanislas
54100 Nancy
Meurthe-et-Moselle

Un mariage très médiatique

Déjà le matin, à la mairie de , au n°37 de l’avenue Carnot, les 25 photographes présents avaient quelque peu perturbé le déroulement de la cérémonie civile. Mais là, c’est carrément la foire ! La journée s’achève au château de . Ce mariage est le premier de l’histoire du foot à connaître une telle couverture médiatique. A cette époque où les joueurs ne sont pas encore considérés comme des stars. Les choses ont depuis changé…
Michel Platini poursuit sa carrière à l’AS Nancy-Lorraine, pour le plus grand bonheur des supporters et des habitants de Velaine-en-Haye, puis de la rue Hermitte, à Nancy, fiers d’avoir le joueur pour voisin. Le footballeur s’est en effet installé dans une grande villa de style 1900, au n°2 de la rue. Mais laissez tomber les pèlerinages, depuis la fin de l’année 1991, à cette adresse, il n’y a plus qu’une banque !

La villa 1900 de Platini
2 rue Hermite
54100 Nancy
Meurthe-et-Moselle

Le gang du baron à ses trousses

Durant de nombreuses années, le nom de Platini apparaît avec régularité dans les pages sportives. Jusqu’au 15 décembre 1989, jour où les Nancéiens découvrent avec stupeur la Une de leur quotidien : « Le rapt manqué des enfants Platini ! » « L’Est Républicain » et « Le Républicain lorrain » racontent sur une pleine page : 3 truands, dont l’un avait participé à l’enlèvement du baron Empain, avaient projeté de kidnapper, à la sortie de l’école, Laurent et Marine, les 2 enfants de Michel Platini. Projet que le police contrecarra, par la traque des futurs ravisseurs et par une surveillance constante des écoles Saint Sigisbert, n°35 rue de la Ravinelle et Notre Dame, n°19 Cours Léopold, où les enfants sont scolarisés, ainsi qu’au domicile du champion, rue Hermitte. Il ne fait pas toujours bon être riche et célèbre.

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