Posté par Equipe Celemondo dans Actu 24/24h, Ecrivains / Journalistes, Hôtels & Domiciles, Royaume-Uni
Les lieux emblématiques de Virginia Woolf

The Monk’s House, ou maison du moine, est un petit cottage modeste acheté par Virginia Woolf et son mari en 1919. La romancière y écrit, dans une petite cabane au fond du jardin, ses livres les plus célèbres. Le couple s’y installe définitivement pendant la guerre, jusqu’au suicide de Virginia Woolf, qui se noie dans la rivière bordant la maison. Monk’s House est aujourd’hui devenue un musée à la gloire d’une des plus grandes écrivains anglaises.
Sa maison d’enfance
Adeline Virginia Stephen, connue sous le nom de Virginia Woolf, est née au 22 Hyde Park Gate le 25 janvier 1882. Leslie et Laura, ses parents, se sont mariés alors qu’ils étaient déjà tout deux veufs. Dans cette maison, les enfants de trois mariages différents sont donc regroupés : ceux de Julia Jackson : George, Stella et Gerald, la fille de Leslie : Laura, (diagnostiquée handicapée mentale et placée dans un asile dès 1891), et ceux qu’ils ont eu ensemble : Vanessa, Thoby, Virginia et Adrian. Après les joies de l’enfance durant laquelle elle a un libre accès à la grande bibliothèque qui lui permet de découvrir les classiques et la littérature anglaise, Virginia Woolf vivra ici ses premières dépressions nerveuses.
Le Bloomsbury Group
Sa mère décède en 1895 des suites d’une grippe. Deux ans plus tard, c’est au tour de sa demi-soeur Stella de mourir. C’en est trop pour la jeune Virginia qui vit alors sa première dépression nerveuse. En 1904, son père décède. Le choc est très important chez elle… Et même trop important. Elle est alors internée quelques temps. A sa sortie, Vanessa, Adrian et elle décident de revendre la maison familiale pour en acheter une nouvelle au 46 Gordon Square, dans le Bloomsbury.
C’est dans cette maison que va se créer le Bloomsbury Group, le cercle d’intellectuels comprenant Lytton Strachey, Clive Bell, Saxon Sydney-Turner, Duncan Grant et Leonard Woolf. Virginia épouse ce dernier en 1912. Plusieurs biographes ont avancé l’hypothèse que leur mariage n’ait jamais été consommé, Virgina Woolf préférant la gent féminine. Dans son journal, elle décrivit cependant son mariage comme complet et le fait d’être une épouse comme un plaisir énorme. En 1917, il fondent la Hogarth Press qui publiera la plupart des oeuvres de Virginia Woolf. Le Bloomsbury Group lui permet également de rencontrer Vita Sackville-West, avec qui elle entame une liaison qui durera tout le long des années 1920.
« La plus affreuse des maisons du Sussex »

Monk
En 1919, l’écrivain Virginia Woolf et son mari l’éditeur Leonard Woolf achètent pour moins de 800 euros la Monk’s House, une maison modeste de l’East Sussex. Située à 1 h de Londres en train, le couple s’y rend régulièrement. Virginia écrit à sa sœur Vanessa qu’ « il s’agit peut-être de la plus affreuse des maisons du Sussex ». Pourtant, ils passent par une période de production littéraire intense.
Virginia installe son bureau dans une petite cabane au fond du jardin. Elle s’y rend chaque matin pour écrire. C’est notamment ici qu’elle écrit la « Chambre de Jacob » (1922), « Mrs Dalloway » (1925), « La promenade au phare » (1927) ou encore « Orlando » (1928). Dans Between the Acts, sa dernière nouvelle, Virginia Woolf peint la petite ville de Rodmell.
De la maison de campagne à la résidence principale

Virginia Woolf à Monk
Les Woolf font aussi des travaux afin de rendre la maison plus jolie, mais surtout tout à fait habitable. Peu à peu, le jardin se fleurit, le potager fructifie. De sa « petite chambre à l’éclat austère », mais aussi de son fauteuil préféré dans le salon, elle a vue sur ses fleurs. Les murs s’ornent des poteries de Vanessa et des peintures de Duncan Grant, son mari. La sœur de Virginia et son époux se sont installés non loin, dans un petit cottage de Charleston Farmhouse.
Virginia Woolf se promène beaucoup dans les environs. La marche l’inspire et l’aide à rythmer ses phrases, si caractéristiques.
En 1940, les bombardements Allemands contraignent les Woolf à quitter la capitale pour la campagne. Monk’s House devient leur résidence principale.
Son suicide

La statue de Virginia Woolf dans le jardin
C’est la que Virginia Woolf met fin à ses jours, en 1941. Sa santé psychologique fragile lui joue de nouveaux tours. Plutôt que de glisser dans la folie, elle préfère sombrer dans l’Ouse, la petite rivière qui coule au fond du jardin. Elle remplira ses poches de pierres, enfilera son manteau de fourrure et se noiera.
L’écrivain laissera une lettre à son mari, une autre à sa sœur. Dans celle pour Leonard Woolf, elle écrit : « Je sens que je redeviens folle, et je ne peux plus supporter ces horribles périodes. Je commence à entendre des voix et n’arrive plus à concentrer. Je fais ce qu’il y a de mieux à faire ; tu m’as rendue heureuse, et je ne peux pas continuer à gâcher ta vie. »
Son mari y vit jusqu’à sa mort, en 1969. Leurs cendres sont enterrées dans le jardin.
Ce petit cottage, où trônent encore tous les souvenirs de la romancière, se visite aujourd’hui.
Maison d’enfance de Virginia Woolf :
22 Hyde Park Gate
Royal Borough of Kensington and Chelsea
London SW7 5DH
Royaume-Uni
M : Gloucester Road
Maison du Bloomsbury Group :
46 Gordon Square
London Borough of Camden
London WC1H
Royaume-Uni
M : Russell Square
Dernière demeure de Virginia Woolf
The Monk’s House
Rodmell, Lewes
East Sussex BN7 3HF
Royaume-Uni
Tél : 01323 870001



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