Posté par Equipe Celemondo dans Faits divers, Royaume-Uni
Attentats à Londres : les Anglais ont également eu leur 11 septembre !
L’attentat le plus célèbre reste celui du 11 septembre 2001 à New-York. Mais l’Angleterre a également été touchée par ce même genre d’acte sanglant et meurtrier. Le 7 juillet 2005, la capitale est touchée par un quadruple attentat à l’heure de pointe. Quatre explosions ont lieu en l’espace d’une heure : trois à des points sensibles du réseau de métro londonien et un 4ème dans un bus impérial. Au total, on compte 56 morts et 700 blessés. L’acte a eu lieu au lendemain de la désignation de Londres pour l’accueil des J. O. 2012. A quelques mois de l’événement, Celemondo revient sur l’évènement
Nous sommes le 7 juillet 2005. Des milliers de Londoniens empruntent le réseau de transports publics de la ville ce matin-là. Personne ne se doute que l’Angleterre va vivre l’une des pires heures de son histoire… Ou presque ! Et pourtant, il est 8h50 lorsque la première explosion touche la capitale à l’intersection entre les stations de métro Moorgate, Aldgate East et Liverpool Street.
Première explosion
8h50 : un kamikaze mulsulman se fait exploser dans une rame de métro à Liverpool Street, au cœur du quartier financier de Londres. On déplore alors 7 morts.
Deuxième explosion
8h50 : une 2ème explosion a lieu sur le même principe. Cette fois-ci la rame touchée se trouve entre les stations de King’s Cross et Russel Square, toujours au cœur de la capitale. C’est l’attentat le plus meurtrier des 4 puisque 27 personnes sont tuées.
Troisième explosion
8h51 : le métro arrive à la station Edgware Road lorsque l’explosion se produit. Sept personnes meurent, dont deux ou trois dans la rame même où se tenait le kamikaze.
Quatrième explosion
9h47 : à l’étage d’un bus impérial, un kamikaze se fait exploser à Tavistock Square. Le bus est complètement déchiqueté et 14 personnes sont tuées.
Les premiers rapports indiquent un nombre de bombes plus important. Deux explosions ayant eu lieues entre deux stations, les survivants sont à chaque fois sortis par deux stations distinctes, donnant l’impression de doubler le nombre d’attentats. Après enquête, il s’avère que les explosifs étaient artisanaux, préparés à base de peroxyde d’acétone. Après les avoir fabriqués chez eux, ils les ont transportés dans de vulgaires sacs à dos, la charge ne pesant pas plus de 4,5 kilos. Il semblerait que la même recette ait été appliquée pour l’attentat de Tel-Aviv en 2004 par des kamikazes ayant des passeports britanniques.
Le 12 juillet, Scotland Yard déclare avoir identifié les auteurs du drame : 4 jeunes musulmans britanniques, âgés de 18, 19, 22 et 30 ans. Ils se sont rejoints à Luton, dans le Berdfordshire, avant de regagner la Gare de King’s Cross à 8h30.
Les mesures prises
A 10 heures, le gouvernement britannique déconseille à toute personne de se rendre à Londres. L’armée est déployée pour protéger les sites sensibles : le palais de Buckingham, l’ambassade américaine et l’ambassade israélienne. La police londonienne est autorisée à tuer à vue sans préavis, ce qui provoquera une bavure le 22 juillet suivant avec la mort d’une jeune Brésilien, tué de 7 balles dans la tête par la police.
A midi, Tony Blair, en déplacement en Ecosse pour assister à une réunion du G8, qualifie ces attentats de « barbare » et affirme que la détermination des Britanniques à éradiquer le terrorisme est bien plus forte que celle de ceux qui ont commis ces actes.
En France, à 12h50, Dominique de Villepin élève le plan Vigipirate au niveau rouge. La surveillance est alors accrue dans tous les lieux public et particulièrement dans les aéroports et les gares ferroviaires. Les poubelles du métro parisien sont fermées.
Les sportifs apportent également leur soutien : le 8 juillet, les coureurs du Tour de France observent une minute de silence en hommage aux victimes et le 10 juillet, ce sont les pilotes de Formule 1 qui en font de même avant le départ du Grand Prix de Grande-Bretagne.
De nombreuses polémiques naissent
Suite à ce quadruple attentat, beaucoup de polémiques sont soulevées. Selon l’Associated Press, dès le matin même, la section anti-terroriste des services secrets israéliens auraient averti Benyamin Netanyahou, ministre des finances d’Israël présent à Londres, de l’imminence proche d’un attentat. Un démenti publié peu après rectifie l’information : il n’aurait averti de ne pas se déplacer qu’après la première explosion. Beaucoup ont alors conclu que des informations cruciales auraient été transmises au moment où la police londonienne ne savait pas encore qu’elle avait affaire à une attaque terroriste.
La polémique la plus vive provient des familles des victimes. Pour eux, le gouvernement britannique était au courant de cette attaque et ils auraient laissé faire. Pourquoi ? Parce que Tony Blair aurait eu besoin de choquer ses concitoyens pour assurer leur accord quant au soutien militaire britannique aux Américains en Irak. Une vidéo intitulée « 7/7 Ripple Effect » a été montée par Anthony John Hill. Il accuse le gouvernement de Tony Blair, la police et les services secrets britanniques et israéliens d’être responsable de ces attentats et d’avoir tué des innocents pour exacerber le sentiment anti-islamiste et ainsi développer le soutien de l’opinion publique pour la « guerre contre le terrorisme ». Selon la vidéo, les 4 jeunes musulmans ont été manipulés par les autorités et pensaient prendre part à un faux exercice d’entraînement anti-terroriste. Plus encore, le film montre que des explosifs auraient été posés sous les trois wagons des rames de métro, ainsi que dans le bus impérial.
La vidéo « 7/7 Ripple Effect » :
A partir de là, les questions pleuvent : Pourquoi les jeunes ont-ils achetés des billets aller-retour s’ils savaient ce qui allait se passer ? Pourquoi aucune vidéo ne montre les 4 jeunes ensembles alors que la capitale est truffée de milliers de caméras de vidéo-surveillance ? Pourquoi aucun voyageur survivant ne se souvient avoir vu de jeunes avec un sac à dos volumineux ? Pourquoi de nombreux survivants se souviennent d’une explosion allant du bas vers le haut, alors que la sensation aurait dû être inversée si l’explosion provenait uniquement des sacs à dos ?
Dernière pierre posée à l’édifice : Peter Power, ancien officier de Scotland Yard, s’exprime sur BBC Radio 5 le soir même de la tragédie. Il raconte que « à 9h30 ce jour-là on était en train de mener un exercice pour une société comprenant un millier de personnes à Londres comprenant l’explosion simultanée de bombes précisément à ces stations de métro. J’en ai encore les cheveux qui se dressent sur la tête ». Bizarre ? Vous avez dit bizarre ?
La vidéo parlant de ce fameux exercice :
Les familles de victimes ont en tout cas demandé une enquête publique indépendante et ont engagé une action devant la Haute Cour de Justice pour obliger le ministre de l’intérieur à autoriser l’accès aux informations dont disposaient les services de renseignement britanniques et la police avant les attentats.
De plus, les services concernés estimaient probable la préparation d’un attentat visant à toucher Londres dès 2004 et avaient donc pris des précautions. La capitale était censée être la ville d’Europe la mieux préparée à une attaque terroriste d’après les autorités locales et nationales.
Et pourtant, le niveau de sécurité avait été descendu d’un cran juste avant les attaques par le MI5 !
Le 29 juillet, John Loftus, ancien procureur fédéral des Etats-Unis et expert en terrorisme, déclare sur Fox News que le cerveau des attentats serait Haroun Rachid Aswat. L’homme a travaillé pour le MI6, les services de contre-espionnage britannique. Le 10 septembre, Michael Meache, ancien ministre de l’environnement sous Tony Blair, dément l’information et avance qu’Omar Saïd Cheikh serait à l’origine de ce quadruple attentat. Il aurait planifié l’attaque depuis sa prison du Pakistan, où il a été condamné à mort.
London River : un film sur le lendemain de l’attentat
En 2009, Rachid Bouchareb sort son film London River : au lendemain des attentats de Londres, deux personnes sans nouvelles de leurs enfants partent à leur recherche. Ousmane, musulman français et Madame Sommers, des îles Anglo-Normandes, sortent de leur quotidien pour entrer dans cette quête dont l’espoir de retrouver leurs proches vivants les rapproche.





