14:38 - 8 octobre, 2010

Posté par dans Criminels, Faits divers, Leurs brasseries préférées, Paris, Personnages Politiques

L’assassinat de Jean Jaurès au Café du Croissant

n’a pas spécialement ses habitudes dans ce restaurant dans lequel il dîne avec des amis le soir de son assassinat. Pourtant, c’est ici que le journaliste et homme politique prendra son dernier repas. Son assassin, , sera acquitté. 

Des menaces de mort

C’est dans ce restaurant que Jean Jaurès est assassiné le 31 juillet 1914, par Raoul Villain. On est à la veille de la Première Guerre mondiale. Jaurès, fondateur et directeur de « L’Humanité », est farouchement opposé à ce conflit qui se prépare et milite pour l’empêcher. Il déclare « la guerre à la guerre » et est considéré comme un traître par les « revanchards », nationalistes et monarchistes. Il reçoit des menaces de mort. Une semaine auparavant, écrit dans « L’Action Française » : « En aucun cas nous ne souhaitons inviter quiconque à commettre un assassinat ; toutefois, que Jean Jaurès agisse avec prudence. »

La dernière tarte aux fraises

Le soir du 31 juillet, refusant d’aller dîner au , Jaurès préfère inviter ses amis, Landrieu, et au . Il s’installe dos à la rue, derrière le rideau qui protège la fenêtre. A 21 h 40, alors qu’il déguste une tarte aux fraises, un journaliste s’approche pour montrer une photo de sa fille à Landrieu. Jaurès se penche pour regarder. A ce moment, Raoul Villain, caché derrière un rideau au fond de la salle, tire et l’abat d’une balle dans la tête. « Ils ont tué Jaurès ! » crie une femme.

L'assassinat de Jaurès, illustration d'époque

Une Légion d’honneur sur le corps

Les individus présents représentent la division de la France en deux clans : le pharmacien de la rue refuse son aide à ce « traître », tandis qu’un officier présent décroche sa Légion d’honneur et la dépose sur le corps du politicien. En quelques heures, c’est une foule compacte qui s’amasse devant le café et les locaux de « L’Humanité », au cri de « Vive Jaurès ».

L’assassin acquitté s’exile

Son assassin sera jugé déséquilibré après-guerre et acquitté. Il s’exile aux en où il mourra pendant la guerre civile, tué par des républicains qui l’accusent d’être un espion travaillant pour .

Un chapeau incrusté d’une balle visible

Plaque commémorative

Jaurès restera dans l’Histoire. En témoignent la mosaïque rouge et or indiquant la date de sa mort, située à l’endroit exact où il s’est effondré et, dans une vitrine sur un radiateur, un morceau de la chaise sur laquelle il était assis, le chapeau qu’il portait, incrusté d’une balle et l’exemplaire de « L’Humanité » du 1er août 1914 avec en titre : « Jaurès a été assassiné ! » La brasserie le Croissant est jumelée avec les deux plus anciens cafés de France : le (6e arrondissement) et la , à .

La vitrine en hommage à Jaurès, au café du Croissant

Café du Croissant
146
75002

Tél : 01 42 33 35 04

A lire aussi: